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R.A.O.U.L. &  R.I.T.A.

Avignon 2010: opération réussie !

28 Août 2010 , Rédigé par Raoul et Rita

Avignon 2010. Premier bilan

Après plus d’une vingtaine de représentations en Dordogne et à Bordeaux, « On the road » avait pris ses quartiers d’été au festival Off d’Avignon, au Théâtre des 3 Soleils.

L’enjeu était de taille, comme à chaque fois que l’on « fait » Avignon. Un travail de préparation en amont de plusieurs mois, beaucoup d’énergie et d’argent investis avec le soutien de nos partenaires dans une aventure plus qu’incertaine, alors même que la Culture est de plus en plus menacée…

On connait les raisons qui poussent les compagnies professionnelles à se lancer – malgré tout – dans ce chaudron fourre-tout qu’est le Off (cette année encore, plus de 1000 spectacles!), les deux raisons majeures étant probablement de montrer son travail au(x) public(s) avignonnais qui se déplace encore en masse pour cet événement sans pareil, et espérer ainsi « exister » dans le temps, survivre le plus longtemps possible, pour peu que les diffuseurs – qui eux aussi se déplacent en masse – viennent jusqu’à nous et « achètent » !

Car si Avignon reste LE lieu où tous les arts peuvent encore s’exprimer (ce qui suppose quand même quelques moyens!), c’est aussi un grand « marché » où chacune des Cies espère « vendre » son  travail pour pouvoir continuer à travailler, continuer à jouer, à créer, à se confronter à des  auteurs ou à des œuvres  qui « déchirent », enflamment et emportent le public, bref continuer à vivre et transmettre notre (nos) passion(s) tout en en vivant le moins mal possible.

Le bilan de cet Avignon 2010 est très positif ! Inespéré même !

D’abord en terme de spectateurs : plus de 1000 entrées en moins de 3 semaines (dans une salle de 70 places) et un accueil plus que chaleureux (bon, il y a toujours un ou deux spectateurs qui « n’aiment pas » ou qui savent « comment jouer Kérouac », mais de ceux-là on n’en parlera pas, sinon je vais m’énerver) et quelques critiques journalistiques (trop peu, nous avons à travailler sur ce front-là), à chaque fois dithyrambiques !

Ensuite en terme de finances : une recette qui couvre entièrement la location du théâtre et de notre logement !

Certes, les recettes ne couvrent pas les toutes dépenses, faut pas rêver ! Mais tous ceux qui connaissent le festival savent que nous pouvons être heureux et fiers ( ! ) de ce résultat !

 

Enfin en terme de perspective : plus de 25 diffuseurs (dont quelques uns d’Aquitaine qu’on ne voit jamais lorsque l’on joue dans notre région…) qui se déclarent intéressés par le spectacle et le projet « trilogie Kérouac »...

D’ores et déjà une demande du Théâtre des 3 Soleils pour que nous revenions l’année prochaine et peut-être même un accueil d’  « On the road » cet hiver.

Un bilan très positif certes, mais qui ne doit pas occulter d’autres aspects plus sensibles sur lesquels il nous faudra travailler dès cette rentrée. Essentiellement sur la communication. Nous n’avions pas d’attaché(e) de presse pendant ce festival et cela a eu sans aucun doute un impact négatif sur le nombre (relativement peu élevé) de diffuseurs ou de journalistes.

Nous savons que c’est un poste important, et que nous ne pouvons pas matériellement ni physiquement tout assumer nous-mêmes, mais faute de vrais moyens, nous avons fait avec les « moyens du bord » … Il nous faut d’ores et déjà réfléchir à une meilleure stratégie de communication (et pas uniquement pour Avignon), en concertation avec nos partenaires institutionnels et/ou coproducteurs. Se poser la question d’un poste d’attaché(e) de presse et communication et dégager des moyens financiers, quitte à réduire par ailleurs les supports de com (affiches, tracts) qui coûtent beaucoup d’argent mais dont l’impact – compte tenu du nombre exponentiel de spectacles – est de moins en moins probant. Mais peut-être faut-il  mener  cette stratégie de manière plus globale, en concertation étroite avec le bureau d’Avignon Festival&Cies (dont nous sommes membres), les Lieux qui nous reçoivent et les Cies concernées.

Il y a tout au long de l’année des réunions en Avignon pour discuter et préparer le festival. Nous aurions probablement intérêt à y participer le plus souvent possible et à nous investir dans les discussions. Il y a quelque chose à faire dans ce domaine de la communication, pour à la fois en finir avec ces millions de tracts et d’affiches qui « tuent » la vraie communication, « mangent » une part importante des budgets des Cies, et  sont un « pied de nez » indécent à l’écologie. Le Bureau lui-même d’AF&C tout en reconnaissant la gabegie, l’impact négatif sur l’écologie et l’effet inverse que produit ce système n’en continue pas moins d’encourager chaque année les Cies à distribuer 1000 tracts par jour !!!!  Sachant qu’il y a maintenant plus de 1200 spectacles en 3 semaines, faites le calcul et regardez tomber les arbres !

Pour finir, voici les articles parus dans 3 « Web-journaux ».

Bonne lecture !

 

Affiche On the road Kerouac

WWW.RUEduTHEATRE.eu

Critique - Théâtre - Avignon Off On the road

Une jeunesse exaltée

Par Anne CLAUSSE

Faire ressentir sur scène la frénésie du roman de Jack Kerouac n'est pas chose aisée. C'est pourtant ce que parvient à faire parfaitement Thierry Lefever. Seul en scène, il nous entraîne sur les routes à l'horizon infini, peuplées des personnages solaires du leader de la Beat Generation.

Sai, Dean, Carlo ... ils sont tous là, les personnages fantasques et vibrionnant de Kerouac.

Au cœur du spectacle comme du roman, c'est Sai, celui qui va se laisser gagner peu à peu par la folie contagieuse de son pote Dean. Dean, l'insaisissable, le fou attachant qui sème des épouses et des enfants dans tous les Etats-Unis. Celui qui n'a de cesse d'entraîner puis d'abandonner ses proches. Mais ils en redemandent. Pour la promesse d'une vie sans attaches et sans frontières, ils sont prêts à se brûler les ailes.

New York, Denver, San Francisco, les villes américaines défilent au gré des extraits choisis du livre. Des routes poudreuses aux bars be bop, des moments d'euphorie exaltée aux instants de complète « loose », c'est toute une génération en quête de liberté qui s'ébat.

Tout l'enjeu de l'adaptation théâtrale du roman est de retranscrire la ferveur et le rythme des lignes de Kerouac. L'envie de vivre sa jeunesse furieusement et radicalement est dans la bouche de Thierry Lefever. Littéralement possédé par son personnage, il irradie une énergie saisissante.

Dans un rythme effréné, les mots défilent, comme les kilomètres de cette fameuse route qui relie The Big Apple à Frisco.

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www.théâtreorama.com

Publié par Pierre-Julien Bouniol dans www.théâtreorama.com le 16 juil 2010

Le poème incessant

« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. » Ainsi s'exprime SaI Paradise alias Jack Kerouac dans « Sur la route ». Telle sera sa direction.

Voilà qui est clair: rien dans ce roman ne prendra l'allure d'une pause, d'une respiration. Ce long texte rédigé dans sa première version sur un rouleau de papier de 36 mètres en trois semaines est l'oeuvre impulsive par excellence. Bâiller? Ni le lecteur, ni le narrateur n'en a le loisir. Tout s'enchaine à une vitesse frénétique, dans des aller-retours incessants d'une côte à l'autre des Etats-Unis. SaI Paradise accompagne le légendaire Dean Moriarty et ses acolytes dans des pérégrinations routières, où la liberté s'empare de cette jeunesse perdue sur les routes américaines à la recherche d'un mythe que les générations se transmettent, de Jack London à John Steinbeck en passant par Woody Guthrie. La folie s'empare doucement de Dean et fascine SaI, la route les grise, la poésie les nourrit, l'argent leur manque, ils s'en débrouillent, ce sont des clochards célestes engouffrés sur des chemins sans fin, saisis par le besoin ardent de vivre, quitte à passer de l'euphorie la plus grande au désespoir le plus sombre. Kerouac, roi de la beat generation, déroule son art dans ce poème incessant, étourdissant, unique. Cette gifle littéraire marque quiconque la reçoit.

Le conteur céleste

L'adapter au théâtre est un défi incroyable. Tenir le rythme délirant de l'oeuvre relève de la performance artistique et sportive dans la chaleur étouffante d'Avignon. Thierry Lefever a choisi de le relever avec une simplicité et un talent déconcertants. Il entre sur une scène occupée par un siège et un pupitre, salue le public et se lance, ou plutôt s'engouffre, dans cet immense poème. Les mots défilent à une allure folle comme les paysages traversés par le narrateur et ses amis au volant de leurs autos. Il nous conte cette histoire et ses aller-retour qui n'en finissent pas, la folie envahissant progressivement Dean, l'exaltation et les coups durs. Il parle, il parle, nous noie de paroles et d'images délicieuses, il s'excite, s'agite et exulte face à nous. L'homme est sur orbite, perdu dans les étoiles de sa vie de vagabond, envahi par les beautés du monde, riche des rencontres les plus improbables. Thierry Lefever nous livre un moment en apesanteur, à la limite de l'asphyxie, saisissant avec une justesse époustouflante les mots, le rythme, l'esprit du grand Kerouac. On en sort haletant, exalté par des envies de liberté sans fin ...

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www.elwatan.com (quotidien algérien)

Festival offd' Avignon. Kérouac On the road. .. again !

Le mythe de la

« beat generation »Jack Kérouac revient au monde par la grâce estivale d'un spectacle tiré de son œuvre culte « On the road », magistralement interprété par Thierry Lefever

On en redemande.

Sur la route, de Jack Kérouac, fut, de la fin des années 1950 jusqu'aux années 1970, le livre-clef de ce qu'on a appelé la« beat generation », Dans le monde entier, le phénomène, dit aussi beatnik, a envahi la planète. L'Algérie issue de l'indépendance n'y avait pas échappé. Ceux qui ont aujourd'hui entre 55 et 70 ans ont tous connu, si ce n'est eux-mêmes, des copains qui succombaient à la vague. Au-delà de la petite histoire de chacun, la grande histoire retient que le livre de Kérouac, Sur la route, paru en 1957, est considéré comme un mythe littéraire fondateur de cette épopée.

En ces temps de bougeotte sous la canicule, on se rappelle qu'On the road «est le récit des errances sublimes, terribles, délirantes et extatiques de Sai Paradise (Jack Kérouac) sur les routes américaines de 1947 à 1950, et ses rencontres avec des « hommes remarquables, dont Carlo Marx (Allen Ginsberg), Old Bull Lee (William Burroughs) et l'extraordinaire Dean Moriarty (Neal Cassady). .. », indique dans sa présentation le comédien Thierry Lefever, de la compagnie Raoul & Rita.

Tous sont passés à la postérité comme icônes de ce mouvement. C'est Kérouac lui-même qui inventa le terme « beat generation » ; « Beat» signifie à la fois battu, mais aussi béat - de béatitude - « en attente de révélation ». Le beat (( pulsation») est aussi le rythme de jazz (et de la musique en général). De béat à beat, le francophone d'origine (Jack Kérouac est né au Québec) a su inventer une catégorie qui lui a largement survécu à sa mort, en 1969, à l'âge de 47

ans, faisant naître le mythe.

Sur sa trace et celles des personnages qu'il dépeint, beaucoup ont continué la route du rejet de la société, et de la recherche du plaisir maximum. En ces années 60 où dans beaucoup de pays, dont l'Algérie, le ton était à la révolution collective, Kérouac s'est fait l'apôtre du plaisir individuel et sans entraves.

Ces personnes singulières se dézinguèrent dans l'amour à tout prix, la drogue sans limite, et les rêves extatiques.

Plus que «beat generation », cela donna aussi une génération perdue qui se consolait dans la création. lis partageaient un goût pour la prose spontanée et le surréalisme.

Sur la route fut écrit d'un seul jet, en trois semaines, sur un rouleau de papier de 36 mètres de long, dans de longues sessions de prose spontanée.

En voici une extrait, vers la fin du montage qu'en a fait Thierry Lefever ;

« ... Et le pouce en batterie sur une route au printemps, on se dirait qu'on part pour la Californie, Denver, Salt Lake City et puis Frisco. Carlo, Sai, Dean et Marylou et Tim Gray bitures bagarres à Central City, sur des airs de Charlie, de Lester ou de Miles Et puis Hollywood la chienne, et la sombre gaîté reviendrait, et nos ombres s'étaleraient sur Mulholland Drive. » Et on se dirait « Ouais, c'est ça, on est là ! On a le hit ! » Sur cette foutue terre, clochards célestes mouchetures collées au pare-brise du monde, et on se dirait qu'on est les plus grands glandeurs mystiques de tout ce putain d'univers! »

L'original a été vendu aux enchères pour 2,2 millions de dollars en 2001. Une version complète du rouleau original vient d'être publiée aux éditions Gallimard (paris 2010). Le phénomène n'est pas près de se tarir, son livre se vendant régulièrement à plus de 100 000 exemplaires par an.

 

 

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M
<br /> BRAVO MON POTE !<br /> Je vois que Kerouac a plu en Avignon !<br /> On se voit le 22 pour le stage lecture où tu nous en raconteras plus !<br /> Bises<br /> Carole<br /> <br /> <br />
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